Grippe porcine et purification religieuse en Égypte, par Patrick Boshimans

Publié le par hodie

(Cet article a paru pour la première fois le 12 août 2009)

 

 

Si, en Afghanistan, il n’y a qu’un seul porc, élevé dans le zoo de Kaboul, en Égypte, la population porcine est évaluée à plusieurs dizaines de milliers de bêtes (entre 250 000 et 300 000).

Or, depuis le mois de mai 2009, les autorités égyptiennes ont ordonné l’abattage de tous les cochons du pays. Cette décision a été prise sous le prétexte de prévenir la « grippe porcine », dite « grippe A ».

Or, depuis le début, des scientifiques du monde entier (ceux de l’Organisation Mondiale de la Santé, notamment) ont prouvé qu’il n’y a aucun lien entre les élevages et le virus, qu’il n’y a aucune propagation possible de l’animal à l’homme ; et que, s’il y a contamination, elle ne peut s’effectuer que d’homme à homme, et même, comble de l’ironie : d’homme à animal.

On ne fera pas l’injure aux Égyptiens de ne pas avoir conscience de l’aberration de cette hécatombe (du grec hecaton – cent – et bous – bœufs : sacrifice de cent bœufs) qui s’effectue en outre dans des conditions d’une très grande cruauté pour les bêtes, tuées à coups de barres de fer, quand elles ne sont pas aspergées de produits chimiques qui ne les font pas succomber avant trois-quarts d’heure d’agonie.

Cette mesure coercitive s’appuie essentiellement sur la volonté de porter un coup fatal à la minorité chrétienne de ce pays, en la coupant d’un de ses rares moyens de subsistance. Les douze millions de coptes d’Égypte, convertis au christianisme dès le Ier siècle, sont en effet les seuls à vivre de ces élevages porcins.

En réalité, l’ordre d’abattage ne doit rien au hasard : il s’inscrit dans une série de violences infligées depuis des années par les Frères Musulmans aux chrétiens. Ces persécutions constituées de brimades, de vols, d’agressions, d’attentats d’une violence croissante, ne masquent plus à présent un projet islamiste d’épuration religieuse.

En s’appuyant sur une forme d’irrationnel, sur la peur panique d’une infection par un animal que les musulmans disent impur, sur le désir de trouver une victime expiatoire en cas, d’ailleurs improbable, d’épidémie, les autorités égyptiennes ont voulu devancer ces groupes fanatisés. En précédant ces haines intolérantes, elles cherchent à maintenir une cohésion dans un pays bousculé par les tensions politiques et tenté par l’ordre islamiste.

Pour le reste, il n’y a aujourd’hui aucun cas de grippe porcine en Égypte. – Quant au seul cochon d’Afghanistan, qui vit dans le zoo de Kaboul, il a été mis sous clé en attendant des jours meilleurs.

 

Patrick Boshimans

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Publié dans Religion

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